L'ojo de la tempesta, par Henry Gréville (extrait)

Le voyage fut malaisé. Dans les sentiers couverts, cela allait encore ; sur la lande c'était plus difficile ; mais où cela devint tout à fait beau, c'est au sortir de Beaumont, quand il fallut nous engager dans la vallée de Vauville. Gréville est sur la côte nord, à mi-chemin entre Cherbourg et la pointe de la Hague ; Vauville est sur la côte ouest, en face de l'île d'Aurigny, à sept ou huit kilomètres de Gréville. Non, ce n'était pas une petite promenade que nous avions entreprise et, en temps ordinaire, elle nous eût semblé longue ; mais la tempête nous fouettait les nerfs, nous étions disposés à rire de tout. A l'entrée de la vallée il n'y eût plus moyen de rire, parce que le vent, qui nous soufflait droit en face, nous coupait la respiration et quoique nous fussions à trois kilomètres dans les terres, nous jetait de temps en temps des flocons d'écume au visage. Nous descendions cependant, pas très vite, par ce souffle enragé qui se battait avec nos vêtements, nous obligeant à nous retourner à chaque minute pour respirer et nous remettre en état de marcher.

Henry Gréville

Vauville ; la descente vers la mer

Gréville

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